Volume 1mars 2026 : Lecture3 min.

Un chantier de plusieurs milliards à l’aéroport Pearson : les solutions pour éviter le chaos à Toronto

Auteur Maxime Landry
Aéroports
Le projet LIFT s’étalera sur au moins 10 ans et nécessitera des investissements de plusieurs milliards de dollars
Aéroport Pearson — Toronto

Il n’y a pas qu’à Montréal où les passager·ères doivent affronter des cônes et des chantiers avant de pouvoir s’envoler : à Toronto aussi. Le programme LIFT de l’aéroport Pearson, qui vient tout juste de commencer, représente le projet d’une décennie : des milliards de dollars seront investis pour moderniser la plaque tournante du trafic aérien au pays. Coup d’œil sur cet immense chantier aéroportuaire et sur les solutions trouvées pour éviter chaos et frustrations.

Le projet LIFT (Long Term Investment in Facilities and Terminals) vient de prendre son envol à Toronto, et il fait déjà beaucoup jaser. Et pas simplement en raison de la facture, évaluée sommairement à « plusieurs milliards de dollars » par les administrateurs pour le moment, mais surtout en raison des impacts redoutés sur les opérations au quotidien à cet aéroport. 

Plaque tournante du trafic aérien au pays, Pearson cherche à redorer son image. Et c’est précisément l’objectif du projet LIFT : améliorer la ponctualité des vols, rehausser l’expérience client, répondre à l’augmentation constante du nombre de passager·ères.

D’ici 2030, l’aéroport Pearson prévoit accueillir 65 millions de passager·ères, une augmentation de presque 40 % par rapport au nombre actuel.

Le chantier est divisé en trois volets. La phase « Accélérateur », actuellement en cours, vise à redonner un coup de jeunesse à court terme à l’aéroport franchement vieillissant.

Ensuite viendra la phase « Gateway », une étape qui permettra de « faire de la place » comme l’expliquent les administrateurs. « On évaluera les possibilités d’élargir les installations de nos aérogares », précisent-ils.

Enfin, la dernière phase visera spécifiquement à revamper les terminaux 1 et 3 de l’aéroport. « Nous investirons dans l’optimisation des parcs de stationnement et de l’accès côté ville, afin de garantir une expérience d’arrivée et de départ plus fluide », nous explique-t-on.

Le projet LIFT vise notamment à rehausser l’expérience client à l’aéroport Pearson de Toronto
Aéroport Pearson — Toronto
Le projet LIFT vise notamment à rehausser l’expérience client à l’aéroport Pearson de Toronto.

Davantage de vols à l’aéroport Billy Bishop

Coïncidence ou pas : Air Canada a déjà annoncé vouloir augmenter le nombre de vols en partance de l’aéroport Billy Bishop vers les États-Unis.

À compter du mois de mars, le transporteur offrira des vols entre l’aéroport du centre-ville de Toronto et l’aéroport La Guardia à New York. Puis viendront s’ajouter des vols vers l’aéroport O’Hare à Chicago, l’aéroport Dulles à Washington et l’aéroport Logan à Boston.

Il faut dire que l’aéroport Billy Bishop avait prévu le coup avec la construction, ces derniers mois, d’un hall de prédédouanement américain. Ce service, qui a nécessité un investissement de 30 millions de dollars de la part du gouvernement canadien, est décrit comme un succès aux impacts économiques indéniables. 

« Le fait d’offrir la possibilité de passer la douane américaine au Canada va vraiment changer la donne pour nos passagers, affirme RJ Steenstra, président et chef de la direction de PortsToronto. Cela représentera un énorme avantage pour la ville de Toronto et la région environnante, car ce service permettra d’ouvrir l’accès à de nouveaux marchés et d’accentuer les effets positifs de l’aéroport sur le commerce, le tourisme, la création d’emplois et l’innovation. »

Le projet LIFT s’étalera sur au moins 10 ans et nécessitera des investissements de plusieurs milliards de dollars
Aéroport Pearson — Toronto
Le projet LIFT s’étalera sur au moins 10 ans et nécessitera des investissements de plusieurs milliards de dollars.

Des retombées à Kitchener/Waterloo

Au même moment, un autre aéroport voit son rayonnement augmenter : celui de la région de Waterloo, à l’ouest de Toronto.

Pour minimiser les délais et faciliter les correspondances, Air Canada a annoncé une augmentation importante des liaisons par autocar entre les aéroports de Waterloo et Pearson. Le nombre d’allers-retours quotidiens est passé de 5 à 10.

Ce service d’autocar permet aux voyageur·euses de franchir plus facilement la centaine de kilomètres qui séparent les deux aéroports.

« Cette augmentation du service constitue un investissement très favorable quant à l’avenir de notre communauté, estime Karen Redman, présidente du conseil de la Municipalité régionale de Waterloo. Doubler la fréquence du service permet de renforcer la portée mondiale de la Municipalité régionale de Waterloo et d’ouvrir de nouvelles portes pour nos résidents, nos entreprises, ainsi que nos visiteurs. »

Alors que s’amorce le gigantesque chantier à Pearson, des transporteurs comme Air Canada se rabattent sur l’aéroport Billy Bishop, à deux pas du centre-ville de Toronto, en y ajoutant davantage de vols vers les États-Unis
Aéroport Billy Bishop - Toronto
Alors que s’amorce le gigantesque chantier à Pearson, des transporteurs comme Air Canada se rabattent sur l’aéroport Billy Bishop, à deux pas du centre-ville de Toronto, en y ajoutant davantage de vols vers les États-Unis.

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